Pour répondre au commentaire de Dawn Girl sur ma dernière note, et parce que je crois que ce sujet mérite plus que quelques lignes de commentaires, voici une nouvelle note sur le même sujet...

Je sais que c'est dommage d'envisager la fin de notre relation. Enfin, ce n'est pas vraiment la fin de notre relation que j'envisage, c'est mon retour en métropole. Et ses possibles conséquences... Je sais que je dois rentrer un an pour finir mes études, il est complètement exclu que je m'arrête en cours de route. Mais la question que je me pose, c'est "et après?". Une fois que je serai diplômée, qu'est-ce que je ferai? Qu'est-ce qu'on fera? Et en l'écrivant, je me rends compte que ma question est peut-être stupide. Après un an passé en métropole, nos chemins se seront peut-être déjà séparés. Et il n'y aura pas de "et qu'est ce qu'on fait maintenant?". A vrai dire, j'en suis à espérer qu'il rencontre une autre femme avec qui il sera très heureux. D'un point de vue tout à fait égoïste, ce sera horrible de le savoir avec une autre. Mais au moins, il n'y aura pas de dilemme...

Récemment, on en a reparlé un peu. Au lit, comme d'habitude, parce que c'est l'endroit qui se prête le mieux à ces discussions. Je lui disais combien je trouve la vie injuste parce que, contrairement à d'autres couples, on ne peut pas faire de projets à long terme. Du fait de notre différence d'âge, de nos avancements différents dans la vie, on ne peut pas se projeter ensemble. Notre horizon le plus lointain, c'est juillet 2013 (et on sera en vacances à Madagascar, yay!). Et je trouve ça injuste, parce que tout aurait pu être merveilleux, on s'est si bien rencontrés, on pourrait vraiment faire des trucs très chouettes ensemble, mais parce qu'il faut que je finisse mes études, nos chances de développement sont réduites. Je sais que c'est MOI qui vais partir, et ça me fait culpabiliser. C'est à cause de MOI si ces questions se posent. D'ailleurs, je suis convaincue que c'est à cause de notre "CDD amoureux" qu'on avance si vite dans notre relation. Mais bref, c'est un autre sujet, et j'ai déjà l'esprit tellement confus...

Et puis, j'ai fini par lui dire que peut-être, je pourrais revenir à la Réunion, une fois diplômée, s'il le voulait. Il est resté silencieux un long moment, se contentant de sourire et de me caresser les cheveux. Et puis, il a fini par me dire que ce qu'il voulait, c'était que je sois heureuse. Que j'étais jeune, et qu'il fallait que j'en profite. Que j'allais au devant de super expériences, et de découvertes liées à mon jeune âge. Et que lui était trop âgé pour moi. Et qu'il ne voulait pas me priver de toutes ces choses. Qu'il ne pourrait pas me rendre heureuse parce que je passerais à côté de trop de belles choses. Qu'il ne pourrait pas me donner les choses dont je finirais par avoir besoin, avoir envie. Et qu'il ne pouvait pas être responsable de me faire passer à côté de ça. Et mon dieu, je comprenais ce qu'il voulait dire. Après quelques larmes, parce que ce qu'il me disait me tordait le ventre, j'ai fini par réussir à lui dire que je n'avais jamais été aussi heureuse de ma vie, que je m'étais jamais sentie aussi bien qu'avec lui, que je ne voulais rien d'autre que d'être avec lui, que je m'éclatais avec lui. Et que j'étais sûre de ne jamais ressentir ça avec un mec de mon âge. (De toute façon, il a ruiné tous les autres hommes pour moi.) Et je lui ai demandé comment il se sentait avec moi, comment il se sentait avec moi par rapport à ce qu'il avait vécu avant, avec cette femme qu'il a épousée, avec cette ex qui tient un blog, avec ces autres femmes qu'il a pu aimer. Et il m'a dit qu'il ne s'était jamais senti aussi bien non plus, et que DAMN IT, on avait quelque chose de rare ensemble (oui, on est des gros niais ♥). Et qu'il aurait aimé pouvoir être capable de m'offrir tout le bonheur que je mérite, qu'il aurait aimé être l'homme de ma vie. Je lui ai dit qu'il me rendait plus heureuse que je n'aurais pu imaginer être, et je lui ai demandé de penser à cette possibilité, de temps en temps.

Une fois, je lui ai demandé de rentrer avec moi en métropole. Il m'a dit non, qu'il avait justement quitté la métropole il y a deux ans pour venir ici, et qu'il ne voulait pas faire le chemin inverse. Et je comprends...

Alors je me disais que, moi, peut-être, je reviendrais s'il voulait de moi. Mais cette période d'inscription en MSc me remplit de doutes. Je m'oriente vers la voie du consulting. Et je sais que le MSc que je vais choisir est la voie royale pour commencer dans un grand cabinet de conseil, où les jeunes diplômés sont exploités mais bien payés (3 000€ bruts par mois)... Bien évidemment, ces cabinets ne se trouvent pas à la Réunion, mais plutôt à Paris (ville que je déteste, yay). Alors voilà, je ne sais pas. Je sais que j'ai un emprunt à rembourser, je sais qu'il serait intéressant pour moi de faire mes armes à Paris, quitte à partir en province au bout de quelques années, je le sais qu'il faut que je capitalise sur le nom de mon école. Je sais que rentrer tout de suite à la Réunion serait quasiment un suicide professionnel, que les perspectives d'évolution sont bien moins nombreuses et intéressantes. Mais je n'ai jamais été carriériste, et je me vois mal passer 15h par jour à me tuer au boulot. Et j'ai un amour qui m'attendrait (peut-être?) ici. Bref, je nage en plein flou, comme d'habitude. Je sais que c'est prématuré d'y penser, qu'en 2014, il n'aura peut-être pas envie que je le rejoigne mais voilà...

La dernière possibilité, c'est que je ne rentre pas à la Réunion, qu'il ne rentre pas en métropole, et qu'on se trouve une nouvelle destination. Un pays où Hautrange est présent, obligatoirement, parce qu'il est fonctionnaire et il faudrait être fou pour quitter ça.

Voilà... J'imagine que c'est confus, mais rassurez-vous, ça n'est pas plus clair dans ma tête.

Finalement, il a bien résumé la chose. Quand il est parti en Inde, je lui avais acheté un petit carnet pour qu'il puisse noter les endroits où il se rendait, les choses qu'il voyait, des petites anecdotes, etc. Au final, c'est un carnet qu'il a écrit pour moi et qu'il m'a donné à son retour. Entre les détails de son séjour, il m'écrivait aussi combien je lui manquais et combien il m'aimait. Et il me racontait aussi ses petites baisses de moral et ses doutes : "je t'ai rencontrée 15 ans trop tard, et tu m'as rencontré 10 ans trop tôt, mais au final, est-ce qu'on se serait plu à ce moment-là?".