Après lanevrosée en pays nantais, en pays angevin, en pays lillois, en Suédie, en Réunionie, ce sera lanevrosée en sud-afriquie.

Une seule constante dans tout ce changement : je suis et je reste lanevrosée.

J'ai donc démissionné. C'était la première fois que je me démissionnais et même si j'étais tellement contente que j'ai fait des danses de la joie dans les couloirs, ça fait quand même un peu bizarre. Un peu. Comme si je me penchais au dessus du vide. Même si je n'ai pas le vertige.

Des gens avec qui j'ai du échanger 3 mots à tout casser en 3 ans de contrat deviennent d'un coup mes meilleurs amis et veulent savoir pourquoi et où je pars.

"Mais tu as trouvé mieux ailleurs?" : genre, est-ce que c'est même possible de trouver mieux qu'ici? Je ne sais pas si ce sera mieux, je sais juste que ça sera ailleurs et donc, rien que ça, je trouve ça mieux.
"Tous les gens qui sont partis ont eu envie de revenir un jour ou l'autre" : mais LOL, je serai donc la première à préferer me trancher les veines plutôt que de revenir dans cet endroit où certes on est bien payés et lotis mais où l'intérêt du travail et l'ambiance frôlent le 0.

On a quand même un boulot de dingue en ce moment mais j'avoue qu'aujourd'hui (plus encore qu'avant), j'en ai rien à foutre. Les choses du travail glissent sur moi et n'ont aucune prise : je m'en fous. C'est salvateur.

De toute façon, j'ai des milliards d'autres choses à penser. Des milliards d'autres doutes à avoir. Des milliards de détails qui ne sont que des détails mais qui me font réellement flipper. Des milliars de papiers à remplir. Des milliards de "ohlala mais faut pas aller là-bas, c'est dan-ge-reux" à supporter. Des milliards de choses à trier "on prend ; on vend / jette ; on laisse chez X ; on ramène en pays nantais (pour tenir compagnie à Mémère)".

C'est épuisant/flippant/excitant/fou/angoissant/énervant/motivant de tout quitter pour aller recommencer ailleurs.

Je suis globalement très heureuse de ce changement. Mais flippée.

Je n'aurais jamais pu imaginer me retrouver dans pareille situation il y a 11 ans de ça.

Certains choses changent. D'autres pas.

Ce soir je suis fatiguée (et seule, pour une fois) et j'en profite pour revenir ici (j'avais même oublié mon mot de passe et je me suis retrouvée en larmes avant de me rappeler qu'il était tout simple... je suis fatiguée). Je crois que je ne pourrai jamais m'arrêter même si je ne suis pas régulière. Trop de souvenirs. J'ai toujours besoin de ce carnet de bord finalement. Certaines choses changent. D'autres pas.

That's it.